Les ateliers olfactifs

Pôle des Maladies du Système Nerveux

Les ateliers olfactifs

2

SSR neurologie Pr DUPONT – Pavillon Marguerite BOTTARD

Marisa DENOS, Psychologue

Les odeurs sont en lien avec nos émotions et s’inscrivent dans notre mémoire. S’il est parfois difficile d’identifier une odeur, de lui attribuer un nom précis, elle peut néanmoins ouvrir des portes, consciemment ou non, sur nos souvenirs ou nos émotions. Chacun de nous a fait l’expérience d’être projeté  dans son passé, d’être submergé par l’émotion liée à un souvenir, en sentant une odeur familière, un parfum oublié. Pour certains, ce sera l’odeur de la colle, des bonbons à la fraise ou d’un bâton de réglisse, ou le parfum d’un être cher…

 1

Des ateliers olfactifs avec pour objectif d’aider les patients à mieux vivre avec leur pathologie, ont été élaborés par  Mme Archambault du CEW Association des femmes de l’industrie. Ils ont démarré en 2001 à l’Hôpital Raymond Poincaré de Garches et aujourd’hui  prennent  place dans 11 hôpitaux français, dans différents services. Nous sommes les derniers à les avoir intégrés.

Depuis bientôt deux ans en effet, avec Mme Patty Canac missionnée par le CEW et IFF fabricant et créateur de parfums et arômes alimentaires, nous proposons des ateliers olfactifs deux fois par mois aux patients du service de SSR – Neurologie du Pr S. Dupont. Ensemble nous avons construit un projet d’ateliers pour les patients en fonction de leurs goûts, de leurs connaissances et forces, mais aussi selon leurs difficultés au plan cognitif ou de l’humeur, les odeurs constituant un accès sensoriel différent dans le cadre de leur prise en charge.

3

Ces ateliers, axés principalement sur la mémoire et le langage, permettent de faciliter l’évocation lexicale, de stimuler la mémoire autobiographique, de seconder l’apprentissage de nouvelles informations, d’aider l’élaboration verbale. A l’aide de touches olfactives tirées d’une mallette de plus d’une centaine d’odeurs, les patients, reçus individuellement, seront amenés à évoquer, élaborer, remémorer, apprendre, expliquer, mettre des mots sur leurs émotions, leur ressenti et voyager olfactivement.4

Un deuxième objectif concerne les capacités olfactives des patients parfois altérées dans le cadre de leur affection neurologique, et peu investiguées à l’hôpital. L’intégrité des fonctions olfactives a un impact conséquent sur la nutrition, l’hygiène, sur le bien-être mais aussi la sécurité. Nous nous intéressons plus spécifiquement à la capacité à détecter les odeurs d’alerte (gaz, brûlé, nourriture avariée…), qui lorsque déficitaire peut occasionner des risques d’accidents domestiques, parfois très graves. Nous proposons à l’ensemble de nos patients ce test de détection d’odeurs d’alerte et nous informons patients et familles des difficultés et risques associés pour faciliter le retour à domicile.